Devenir vigneron en Beaujolais : le déclic de Bruno-Marie Mauviel

Publié le 17 septembre 2026
Devenir vigneron en Beaujolais : le déclic de Bruno-Marie Mauviel

Devenir vigneron en Beaujolais n’était pas le projet initial de Bruno-Marie Mauviel. Ce normand d’une trentaine d’années a un déclic alors qu’il fait les vendanges en Beaujolais pendant ses études. Marqué par cette expérience, il bifurque et décide de se former en viticulture. Aujourd’hui installé dans le Beaujolais, à Lantignié plus précisément, il raconte son parcours jusqu’à la création du Domaine Mauviel.

La vocation pour le métier de vigneron née en Beaujolais

devenir vigneron en Beaujolais - Bruno Marie Mauviel

Bruno-Marie Mauviel

Originaire de Basse-Normandie, Bruno-Marie Mauviel s’oriente d’abord vers des études d’ingénieur dans le génie civil avant de se réorienter vers la viticulture. Il suit un BTS viticulture-oenologie à Marseille en alternance puis regagne le Beaujolais en 2020. Il acquiert ses premières parcelles à Lantignié en 2023. Aujourd’hui, le Domaine Mauviel exploite 2,3 hectares.

Pourquoi as-tu choisi le Beaujolais pour devenir vigneron ?

« D’abord parce que c’est là que j’ai découvert le métier et qu’est née ma vocation. Ensuite, parce qu’il y a des vignes disponibles et que leur prix est relativement accessible. Et enfin, parce qu’il y a une effervescence dans le Beaujolais qui me plait beaucoup. On y ramasse encore les raisins à la main, on a le sens du partage et de l’accueil. Il règne une ambiance chaleureuse entre les vignerons, auprès desquels je n’ai pas eu de mal à m’intégrer. »

Quelles ont été les étapes de ton installation ?

« Je me suis installé progressivement, en acquérant des parcelles en parallèle de mes emplois chez d’autres vignerons du Beaujolais. J’ai beaucoup appris grâce à eux. Ils savaient ce que c’est que de s’installer et avaient une grande connaissance du terroir et de la vigne. J’ai également suivi un parcours installation avec la Chambre d’agriculture du Rhône. Je voulais prétendre à la dotation Jeunes Agriculteurs (DJA)*, et j’ai travaillé mon dossier avec un prévisionnel sur 5 ans. »

*aide à l’installation que peuvent demander les moins de 40 ans qui ont un diplôme agricole

Comment as-tu trouvé tes parcelles de vignes ?

« Grâce au bouche-à-oreille. Oui il y a des annonces en ligne mais pour moi ce qui marche le mieux c’est sans hésiter le bouche-à-oreille. Pour ça, le meilleur moyen est de travailler sur place avant de s’installer. »

Bruno-Marie Mauviel @ Jarlot Productions
Bruno-Marie Mauviel en plein entonnage @ Jarlot Productions

Comment vois-tu l’avenir de ton domaine ?

« J’aimerais le voir grandir petit à petit. Mon objectif est d’atteindre 5 hectares d’ici 4 ans. Je souhaite embaucher dès que possible une personne qui puisse m’épauler à la vigne tout au long de l’année. L’idée est de pouvoir me dégager du temps pour les autres tâches comme la commercialisation par exemple. »

Dans le Beaujolais il y a une grande solidarité entre jeunes installés comme entre anciens et nouveaux vignerons. On traverse les mêmes défis et quand on fait les choses ensemble, c’est motivant ! »

Es-tu satisfait de ton choix de t’être installé en Beaujolais ?

« Je suis très content même si c’est parfois difficile. On fait des erreurs, de mauvais choix, on a des déconvenues… Mais la récompense c’est la bouteille qui arrive sur une table et la dégustation. J’apprends beaucoup car pour faire ce travail, il faut être bon partout : à la vigne, en cave, sur la communication, l’administratif… Heureusement, dans le Beaujolais il y a une grande solidarité entre jeunes installés comme entre anciens et nouveaux vignerons. On traverse les mêmes défis et quand on fait les choses ensemble, c’est motivant ! »

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui songe à devenir vigneron en Beaujolais ?

« D’après moi il faut d’abord bien se poser la question de ses motivations. Est-ce pour se prouver quelque chose ou pour poursuivre un idéal de vie sur le long terme ? Pour y répondre je pense qu’il n’y a pas mieux que de passer une saison entière aux cotés d’un vigneron. Le vin peut faire rêver avec l’aspect festif, dégustation… mais 80% du travail se fait dans l’ombre ! Il faut avoir un projet solide. En tout cas, le Beaujolais est une région pleine d’énergie, où les vignerons ont envie de bien faire et où il y aura toujours des mains tendues pour qui sait les prendre ».

Cet article s’inscrit dans une série d’interviews de vigneronnes et vignerons nouvellement installés en Beaujolais. Découvrez les témoignages du californien Jonathan Pey et d’Agathe Margotton, native des Pierres Dorées.


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