Sélection des Beaujolais Nouveaux effectuée par Dominique Hutin, France Inter on va déguster
Sélection des Beaujolais Nouveaux effectuée par Dominique Hutin, France Inter on va déguster
Pas toujours facile de s’y retrouver lorsqu’il faut choisir un vin ? À défaut d’être entouré d’un caviste ou d’un vigneron, reste la solution de se tourner vers le château sur l’étiquette ! À coup sûr, ce vin-là sera royal !
En Beaujolais, fiez-vous à ce bon sens populaire. Car il existe près de 300 châteaux et demeures bourgeoises dans le vignoble du Beaujolais, dont de nombreuses maisons viticoles.

Et si nous vous emmenions à Versailles pour vous en convaincre ? Versailles en Beaujolais ou plutôt le Château de La Chaize à Odenas, un bel exemple de l’architecture du XVIIe siècle. Cette propriété de près de 330 hectares est parée de jardins à la française signés de l’atelier Le Nôtre. Le Château de La Chaize compte 140 hectares de vignes. Une richesse architecturale donc et viticole avec l’élaboration de belles cuvées de Brouilly, Côte de Brouilly et Fleurie. « Les vins sont élevés dans la plus longue cave du Beaujolais (108 mètres), située dans un bâtiment classé au titre des monuments historiques
Autres caves d’envergure : celles du Château de Juliénas, une ancienne maison forte des sires de Beaujeu. Elles s’étendent en sous-sol, sous la cour, sur plus de 200 mètres, l’équivalent de deux terrains de football ! On y produit du Juliénas depuis cinq générations.

A Villié-Morgon, Le Château de Bellevue surplombe le village. Cette demeure de caractère du XIXème siècle fût habitée par l’un des enfants des Frères Lumière, ou encore la Princesse Lieven, née Chateaubriand. Avec un vignoble qui s’étend sur 15 hectares en appellation Morgon, La propriété viticole est considérée comme l’un des joyaux du Beaujolais.
Le Château des Bachelards, le Château Thivin, le Château des Moriers, le Château Saint-Vincent ou encore le Château de Fleurie et le Domaine de Briante pour ne citer qu’eux font aussi partie de la longue liste de pépites patrimoniales du vignoble. Il n’y a pas à dire, le vignoble regorge de Châteaux et pour les découvrir tous, il suffit de s’y rendre !

Si vous souhaitez suivre la piste des Sires de Beaujeu, rendez-vous au Château de Montmelas à Montmelas-Saint-Sorlin, ancienne garnison de ses seigneurs du Moyen-Âge. Le Château domine d’ailleurs les environs du haut de sa colline. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc l’a relooké à coups de tours crénelées. Il est depuis surnommé le « Château de la Belle au Bois Dormant ». Ses vignes sont classées en Beaujolais Villages et sur les bouteilles vous reconnaitrez le profil du marquis de Montmelas, dont la famille est propriétaire des lieux depuis cinq siècles.
Les amateurs d’Histoire(s) voudront sans doute enquêter à Gleizé dans le Château de Vaurenard devant une bouteille Baron de Richemont, en appellation Beaujolais. Car ce seigneur se disait être Louis XVII, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. La demeure date des XVIIe et XVIIIe siècles.

Prenez un coup de soleil rafraîchissant à Theizé au Château de Rochebonne. Sa façade en pierres dorées du XVIIe siècle se savoure du regard tout en dégustant un Beaujolais Villages.
Bouffée de chaleur réconfortante également à Jarnioux : le Château est un joyau en pierres dorées qui ravira les amoureux de la Renaissance. Certaines parties de la demeure remontent au XIIe siècle, ce qui fait de Jarnioux l’un des châteaux les mieux conservés de la région. C’est le royaume de l’appellation Beaujolais.
Pour une pause détente dans un château du XVème entièrement rénové, rendez-vous au Château de Bagnols, point de départ idéal pour découvrir les Pierres Dorées et ses vins.
Depuis 2007, chaque 3ème jeudi de novembre, les Beaujolais Nouveaux et Beaujolais Villages Nouveaux se déclinent aussi en rosé ! Élaborés à partir du même cépage que les rouges, le Gamay, les rosés se démarquent des traditionnels Beaujolais Nouveaux rouges par le temps de macération pendant les vinifications. Comme pour les primeurs rouges, les vins rosés du Beaujolais sont vinifiés en grappes entières mais la durée de macération des gamays est bien plus courte. C’est la promesse d’une couleur claire et d’un vin léger avec des tanins pratiquement inexistants.
Si leur production reste confidentielle, ces vins frais, fruités, expressifs et acidulés sont de plus en plus nombreux, de millésime en millésime. À dénicher et découvrir en version Beaujolais et Beaujolais Villages.
Et qui de mieux placé qu’un vigneron du Beaujolais pour vous parler des primeurs rosés ?

Héritier de cette passion familiale pour les vins du Beaujolais, je suis revenu au domaine en 2003 après avoir parcouru les vignobles du monde entier, à la recherche d’autres expériences de vinification. Je décide alors de prendre le contre-pied en élaborant du Beaujolais Nouveau rosé, avec la conviction que le cépage gamay, très aromatique, est un excellent cépage pour le rosé. Il permet de produire des rosés pâles avec un beau fruité et de la personnalité.
Chaque année, les Beaujolais Nouveaux arrivent sur les tables du monde entier pour être dégustés le 3ème jeudi de novembre ! C’est bien évidemment, une belle occasion pour goûter les primeurs de l’année mais les connaisseurs savent qu’au-delà du mois de novembre, les Beaujolais Nouveaux peuvent tout de même être appréciés. Voici quelques conseils de dégustation d’un vigneron du Beaujolais et d’un restaurateur faisant partie du réseau des Bistrots Beaujolais pour goûter les premiers vins de l’année.

« Depuis toujours au domaine, nous produisons des Beaujolais Nouveaux de terroir, croquants et fruités. Chaque année, je me fais le plaisir de débouchonner mes Beaujolais Nouveaux au printemps de l’année d’après, accompagnés de grillades. Ils ont eu le temps de se reposer, ils sont ronds et leur caractère s’est affirmé. Il me reste encore des Beaujolais Nouveaux des années 80 et j’apprécie les faire déguster à mes clients en leur démontrant que ce sont autant des vins de plaisir, que des vins qui traversent le temps. Ils offrent un parfait équilibre entre alcool/tanins/acidité. Je les garde aussi pour comparer les millésimes, les styles, car se remettre en question est la base de notre travail. Comme un chef cuisinier “tu notes, tu essayes, et en gardant tes vins, en les comparant,
tu arrives à la bonne recette. »

« J’aime faire vieillir des Beaujolais Nouveaux qui, après s’être reposés, offrent des arômes typiques du gamay, fruités avec de la structure. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de déguster un Beaujolais Nouveau qui avait 7 ou 8 ans, c’était très bon ! Amoureux du gamay et fervent défenseur des vins du Beaujolais, j’envisage de faire déguster à mes clients des Beaujolais Nouveaux qui se seront reposés en cave quelques mois, je suis sûr qu’ils seront agréablement surpris ! »
Les Beaujolais Nouveaux sont décidément plein de surprises : du 3ème jeudi de novembre, au printemps d’après au moment des barbecues, jusqu’à la garde de quelques bouteilles en cave pendant quelques années, ils étonneront vos convives ! »
Depuis les années 50, des centaines de vignerons élaborent des Beaujolais et Beaujolais
Villages Nouveaux. Des vins fruités, joyeux, agréables à boire au comptoir avec des copains,
pour célébrer la fin de l’année viticole et l’arrivée du vin nouveau. Les “anciens”, comme
on les appelle ici en Beaujolais, ont passé le flambeau à la nouvelle génération. Des jeunes
vignerons désireux de rendre hommage à leurs aînés, tout en y ajoutant du leur. Authenticité
et renouveau donc, un combo parfait.

« Le Beaujolais Nouveau est pour moi synonyme de partage, de convivialité et d’authenticité. C’est l’aboutissement immédiat d’une belle année de travail, d’un millésime particulier. C’est le reflet de notre terroir, du cépage gamay noir à jus blanc emblématique de notre belle région qui offre des cuvées pleines de diversité, de fraicheur, de finesse. Sur le domaine familial, je suis la 5ème génération de vignerons en polyculture (nous avons aussi un élevage de Salers en AB), nous sommes en agriculture biologique depuis maintenant 15 ans. Nous faisons naître deux cuvées de Beaujolais Nouveau chaque année, de millésime en millésime : Le P’tit Nouveau qui est un assemblage de tous nos terroirs, une cuvée croquante et délicate ; et l’Abracadaboum (pour la magie de la nature) qui est une sélection parcellaire et une cuvée nature sans sulfites, racée et pleine d’authenticité. »

« Nouvel album millésime 2020 bientôt dans les bacs et dans les seaux. L’introduction de ce nouvel opus démarrera par mon Beaujolais Nouveau “Massaï”. Je m’autorise aussi un “bonus track” sur mes nouvelles parcelles en Beaujolais. Je vais donc sortir un Beaujolais Nouveau appelé “Zombi”, toujours vinifié en parcellaire. L’idée c’est de réveiller les vieux démons, ressusciter une vieille entité, mais en quantité limitée. Mes Beaujolais Nouveaux, qu’ils soient “guerriers” ou “zombis” partent dans le monde entier et préparent les amateurs de vin à mes autres cuvées, en cru ou en Beaujolais Villages. Mes primeurs sont mes éclaireurs. J’y mets beaucoup d’énergie et de foi ! »

« Installé depuis 2017, j’ai repris le domaine familial et continue à vinifier le Beaujolais Nouveau comme le faisait mon père, en vinification traditionnelle. C’est un produit festif et le premier vin de l’année que l’on boit, mais il peut également surprendre et être dégusté plus tard. J’adore ouvrir des bouteilles de primeur 4/5 ans après leur sortie. On est souvent très étonné ! Depuis 2018, j’élabore également une cuvée de Beaujolais Nouveau sans soufre ajouté, vinifiée avec des levures indigènes. On peut sans cesse se renouveler, c’est très plaisant de vinifier ce vin ! »
A Clochemerle (ou Vaux en Beaujolais…) on vient pour découvrir le site qui a inspiré Gabriel Chevalier mais aussi pour le merveilleux restaurant gastronomique « L’auberge de Clochemerle » de Romain et Delphine Barthe. Comme dans chaque village, les choses changent et un jour le couple apprend que l‘ancienne mairie cherche une nouvelle vie ! Pari tenu par notre couple de restaurateurs qui ouvre l’Echanson et confient les commandes à Baptiste Fernandez.
Seule obligation demandée par la Mairie : garder intacts les fresques d’Allain Renoux, un enfant du pays, qui ornent l’ex-salle des mariages. Delphine et Romain décident aussi de garder intact le carrelage d’époque dont le dessin a inspiré le logo.
L’idée : un restaurant convivial, chic, autour du village et de produits locaux avec une carte des vins uniquement dédiée aux vins du Beaujolais, toutes les appellations et chaque mois des vignerons différents.

Sans jeux de mots, Baptiste est un enfant du cru. « Avec Romain nous proposons des plats cuisinés avec d’excellents produits locaux, dans une ambiance chaleureuse, généreuse et décontractée. Chez nous, la convivialité se retrouve dans l’assiette, mais aussi dans l’ambiance. Il n’est pas rare d’avoir des tables de 2 qui deviennent au fur et à mesure du repas et des échanges avec les tables voisines, des tables de 4, 6 ou 10 personnes ». Notre plat fétiche « La Potence » en est l‘un des meilleurs exemples.
A la fin d’un repas, un couple de touristes, étaient indécis sur la suite à donner à leur dégustation. Ils avaient encore une petite place pour… une surprise salée ! Oui une surprise, car même si le plateau de fromages était merveilleusement achalandé par de produits locaux, les touristes avaient envie d’autre chose. Un défi que Baptiste relève avec grand bonheur. Il leur concocte une faisselle à la poudre de moutarde, relevé au poivre de sichuan, persil plat haché… Surpris et séduit, ce couple de touristes est revenu le soir même. Ils reviennent d’ailleurs systématiquement à chaque passage dans la région.

Sans aucun doute « la Potence », un plat convivial qui fait ressortir la convivialité et l’originalité dans la tradition. Le bœuf de la boucherie de St Etienne des Oullières est flambé au marc du Beaujolais.
Pour le dessert ce sera Le Dariole au chocolat, un biscuit à cœur coulant que Romain a appris à faire lorsqu’il travaillait chez « Trois Gros ».
Une andouillette de chez Braillon (Villefranche sur Saône) exclusivement de fraise de veau et accompagné de légumes nouveaux avec un Moulin-à-vent de chez David Large Lieu-dit Rochenoire ; une cuvée fruitée gourmand, pas trop tanique pour réveiller le côté grillé de l’andouillette.
Un ? Oh non, plusieurs ! Chaque mois un différent. En juillet, ce sera David Large. On a quasiment le même âge que le chef, c’est un bon copain qui partage mes valeurs. En voisin, puisque David habite à deux pas du restaurant, on aime discuter, refaire le monde, le beaujolais, ses cuvées… Mais j’ai aussi beaucoup d’affinités pour les cuvées produites par Yannick de Vermont (Château de Vaux), Jean Luc Longère (Domaine Longère) pour ne citer qu’eux.
De son restaurant croix roussien, le Substrat, à Food Traboule en passant par son comptoir So6 la Saucissonerie Hubert Vergoin dévoile toute sa créativité, sa passion et son brin de folie. Sommelier, il connaît personnellement tous les vignerons de sa carte. Cuisinier, il sublime les produits de la cueillette pour ouvrir une assiette haute en couleurs, en saveurs et en surprises. Au Substrat, son néo-bistrot installé dans un ancien atelier de La Croix Rousse, le charme opère : le lieu, les plats créés de toute pièce et les vins de vignerons, très souvent locaux, envoûtent. Chez So6, la Saucissonerie, c’est la cuisine canaille qui s’empare du lieu. Deux lieux, deux ambiances, mais toujours ce goût du partage, autour des vins du Beaujolais. Hubert Vergoin est l’un de nos nouveaux lauréats de l’année !


« Sommelier de formation, j’ai débuté ma carrière chez monsieur Paul à l’auberge comme apprenti puis j’ai travaillé comme sommelier caviste et bar à vins dans le sud et à Lyon jusqu’en 2008. J’ouvre alors ma première affaire, une sandwicherie cave à manger à Tassin la Demi-lune et Substrat restaurant le jeudi 21 novembre 2013 pour les Beaujolais Nouveaux ! »
Substrat s’inscrit dans le style nouveau bistrot, vin à boire et produits de la cueillette… une cuisine d’inspiration autour des herbes, champignons et du maraîchage.
Au début du restaurant, les desserts péchaient un peu. On a fait un gros travail pour se différencier et, en particulier, sur les glaces que j’adore : j’ai voulu faire des desserts cuisinier avec des glaces maison aux saveurs originales, comme, par exemple : une tranche de pain d’épices surmontée d’une glace aux cèpes, une glace à l’huile d’olive servie sur un biscuit chocolat blanc, ou encore une coupe de fraises glace au fromage de brebis… Un jour, un client a demandé si l’on pouvait « juste » lui servir une boule de glace vanille en guise de dessert, je crois qu’il pensait qu’on avait un congèle plein de parfums de glace, on lui a même proposé une touche de chantilly avec avant de lui expliquer gentiment que non !
Un accord surprenant c’est l’huître ! Avec un Fleurie par exemple.
Le gamay coule dans mes veines ! C’est comme le Rhône et la Saône … J’aime le coté très Gaulois de cette région et aussi une vraie démarche d’avant-garde bio nature. (une démarche avant-gardiste, une nouvelle génération)
Julien Sunier. C’est un ami, on a débuté ensemble en 2008.
C’est dans le 10ème arrondissement de Paris que le Mordant « sort les crocs » et propose des plats raffinés et joliment présentés. Chaque produit est sélectionné méticuleusement chez les producteurs. Ici, on est là pour avoir une cuisine de partage, belle et colorée. Tantôt classiques, tantôt exotiques, les inspirations sont nombreuses et nous emmènent loin du quotidien le temps d’un repas.
Lucas Blanchy est dans le monde de la restauration depuis presque 20 ans. Après être passé dans les cuisines du Georges V ou du restaurant Jules Vernes, Le Mordant est sa première création ! En plus d’être un excellent cuisinier, c’est aussi un fin sommelier, amoureux du terroir et de produits frais. Avec une sensibilité plutôt bio et biodynamie, il a développé un penchant pour les vins natures. Mais, pour lui l’important est « d’écouter le vigneron qui est un passeur d’émotions, les vins sont choisis pour retranscrire ce que le vigneron a fait avec respect. »

Avant le restaurant, il y avait un supermarché ! Il a donc fallu repenser la décoration, aujourd’hui signée par l’architecte Lucie Lepage-Depreux. Au Mordant, on croit beaucoup aux plats récurrents, à laquelle s’ajoute les envies et idées de l’équipe. Le cœur de la cuisine est de travailler avec des produits frais et traçables. Les recettes traditionnelles sont revisitées avec des petits twists et assaisonnements audacieux, afin de remettre les classiques au goût du jour. Comme l’œuf mayo infusé au thé noir et sa mayonnaise au wasabi.
Le « tataki de bœuf avocat et lemonzest ». Les morceaux tendres de bœuf sont marinés à la sauce soja, avec du citron kéfir et d’autres ingrédients tenus secrets. Ils vont être grillés puis marinés de nouveau 24h.

Des travers de porc façon « Daddy Roger », recette en hommage au père américain d’un ami, qui se marient parfaitement avec le Juliénas du Domaine des Marrans. C’est un vin gourmand qui va très bien avec le fumé de la sauce barbecue et cette pièce de viande plutôt grasse.
« Jean-Claude Lapalu, je le connais depuis ma formation de sommelier. J’ai eu un coup de cœur pour sa cuvée « Eau Forte » ! Il fait des vins qui apportent beaucoup d’émotions et c’est quelqu’un de formidable. Il raconte l’histoire du terroir et du Beaujolais à travers ses vins. »
« J’ai découvert la région quand je faisais ma formation de sommelier. J’adorais le Gamay et j’ai eu un vrai coup de cœur pour le terroir et la diversité entre les appellations. Elles sont toutes très typées et c’est une belle surprise à chaque dégustation. J’ai à cœur de le faire découvrir les vins de cette région. Cela fait donc sens d’être référencé Bistrots Beaujolais et ça permet de hisser haut et fort les couleurs du Beaujolais. »

« Nos clients sont plutôt classiques dans l’approche des vins alors j’aime les emmener vers des appellations un peu plus méconnues, leur faire déguster à l’aveugle pour casser les préjugés, et leur faire découvrir le vrai Beaujolais.
Je conseille un jour un Beaujolais à un client ; mais il ne veut rien entendre. Joueur, je lui apporte ainsi qu’à ses invités des vins au verre. Toute la table est unanime, ils adorent ! Je leur dis alors que je leur ai servi… un Beaujolais ! Ils ont été surpris mais en redemandent maintenant.
J’adore aussi garder le Beaujolais Nouveau de jean Claude Lapalu, et le resservir tout au long de l’année aux clients, pour les surprendre. »
Un terroir est la combinaison des éléments naturels d’une zone (le sol, la topographie, la biodiversité, le climat et le paysage) mais aussi du savoir-faire des vignerons et des techniques de production. C’est le terroir qui donne sa typicité au vin. La région du Beaujolais, très diversifiée, regroupe un ensemble variés de terroirs renfermant chacun un secret qui se retrouve dans le caractère de chaque appellation.
Entre 2009 et 2018, à la demande d’Inter Beaujolais, une étude de caractérisation des terroirs a été conduite par SIGALES, un bureau d’étude pédologique. Après plus de 15 000 sondages de sols, près de 1 000 fosses et une cinquantaine de visites commentées, les analyses permettent aujourd’hui d’établir une cartographie du vignoble Beaujolais. Les vignerons et négociants s’approprient cette caractérisation des sols pour les valoriser sous la forme de cuvées parcellaires. Cette géologie remarquable s’est traduite par l’obtention en avril 2018 du label de « Géoparc mondial UNESCO ». Le Beaujolais devient ainsi le 7ème Géoparc sur le territoire français.
Si le Beaujolais viticole n’est pas très étendu géographiquement, il regroupe de façon tout à fait inattendue, une multitude de sols différents ; plus de 300 variantes sont recensées et décrites. Ces sols se forment sur les roches ou matériaux parentaux qui les portent. À ce titre, notre vignoble est tout à fait remarquable, puisqu’il témoigne d’une histoire géologique vieille de plus de 500 millions d’années dont on retrouve facilement toutes les traces. À l’interface de tous les grands événements géologiques de l’histoire, le Beaujolais viticole a hérité d’une des géologies les plus riches et les plus complexes de France. Le vignoble rassemble sur une petite surface une très grande variété de roches !
C’est de là que chaque appellation, voire chaque lieux-dit tire, en premier lieu, sa personnalité, d’autant que le Gamay est le seul cépage utilisé en Beaujolais pour produire tous les vins rouges : crus, Beaujolais Villages et Beaujolais.

Le Beaujolais profite aussi d’un climat tempéré marqué par 3 influences majeures. En hiver, les courants continentaux contribuent aux gelées qui s’étirent parfois jusqu’au printemps. A l’intersaison, les mouvements d’air océaniques attisent le rôle régulateur de la Saône et atténuent les écarts de température. Le retour des beaux jours est placé sous la houlette des vents méditerranéens.
La chaîne montagneuse du haut Beaujolais vient alors renforcer la protection des ceps et encourage le foehn, cet air tiède venu de l’ouest, qui réchauffe et assèche en été lorsqu’il franchit les crêtes beaujolaises pour redescendre en plaine.
Exposé à des pluies modestes, le terroir viticole peut connaître de très fortes chaleurs mais aussi des épisodes orageux parfois dévastateurs.
Essentiellement orientés à l’est et au sud, les coteaux beaujolais bénéficient d’un excellent ensoleillement et d’une belle luminosité du printemps à l’automne. Un atout supplémentaire pour la production de beaujolais d’exception.

La méthode culturale beaujolaise est encore de nos jours fortement marquée par l’intervention personnelle du vigneron. Que ce soit au moment de la taille des ceps, de l’entretien du sol, de la conduite de la vigne ou des vendanges, les viticulteurs beaujolais sont présents dans leurs parcelles. Si la mécanisation apparaît à certains endroits pour faciliter certaines tâches (labour ou vendanges), la nature même des parcelles (taille modestes, sols pierreux, coteau, forte pente parfois…) et les règlementations liées aux 12 appellations réclament une attention constante et la mobilisation d’un savoir-faire qui se transmet de générations en générations.
Les qualités et la variété de ses vins, la région du Beaujolais la doit à la diversité de ses terroirs autant qu’à la passion de ses vignerons et à la connaissance intime qu’ils ont développée de leurs terres. Un savoir-faire de plus en plus pointu et résolument tourné vers la préservation de ce patrimoine naturel unique.
Amateur de bon vin ou amateur tout court, vous souhaitez appréhender l’art de la dégustation ? Les Beaujolais sont les vins qu’il vous faut. Le Gamay s’exprime en 12 appellations en rouges et 2 appellations en rosés. Même chose pour le Chardonnay qui se décline en Beaujolais et Beaujolais Villages blanc. Voilà une région viticole qui sait se rendre accessible !
Le Beaujolais se distingue des autres vignobles de France par la facilité de lecture qui caractérise ses appellations. Pas besoin de retenir des dizaines et dizaines de noms : Le Beaujolais se concentre sur 12 AOC. Un réel plaisir donc pour parfaire ses connaissances des vins du Beaujolais.
Ensuite, il vous faut connaître les cépages et là encore, le Beaujolais possède des caractéristiques singulières. Tous ses vins sont conçus à partir d’un seul cépage : le Gamay noir à jus blanc pour les vins rouges et les rosés et le Chardonnay pour les vins blancs. Très facile à retenir…
Ensuite, on passe au niveau supérieur ! Morgon Côte du Py, Moulin-à-Vent Rochenoire ou encore Fleurie Grille-Midi : Tous ces noms précédés d’une appellation du Beaujolais sont en réalité ce que l’on appelle des lieux-dits. Bien souvent, vous les retrouverez sur les étiquettes des grandes cuvées issues des terroirs les plus reconnus des vignerons du Beaujolais. Cette connaissance accrue des sols du Beaujolais et les vignerons qui subliment les spécificités de chaque terroir permettent la naissance des Beaujolais d’Exception. Des vins complexes, dotés d’une grande aptitude à vieillir que l’on partage volontiers avec de grands amis.
Souvent, sans le savoir vraiment, vous êtes entrés dans le monde des vins du Beaujolais et peut-être des vins tout court, par un Beaujolais Nouveau ? Même si ce sont des vins de fête et de gourmandise, ces primeurs n’en sont pas moins de jolis représentants du nouveau millésime qui sera dégusté à partir du printemps et de joyeux ambassadeurs du caractère du Gamay de l’année. L’introduction idéale à l’esprit Beaujolais !
Pour appréhender les autres vins du Beaujolais, il faut apprendre à capter leurs nuances : entre un Morgon, un Fleurie, un Beaujolais Villages, un Chiroubles ou un Brouilly, des points communs mais aussi des singularités. Car, bien entendu, si le nombre d’appellations reste modeste en Beaujolais, leurs vins offrent une palette de saveurs variées et des caractères marqués ! Il existe même des termes spécifiques pour parler des vins du Beaujolais comme « morgonner » par exemple.
Au fur et à mesure de votre initiation aux vins du Beaujolais, vous apprenez à apprécier les structures de chaque appellation et à capter la force des terroirs de la région. En effet, quelle autre région viticole rend mieux hommage à ses lieux-dits à travers ses vins que le Beaujolais ? Avec un seul cépage pour chaque couleur, le terroir peut s’exprimer pleinement grâce au savoir-faire des hommes.
Une bonne connaissance des vins vient avec le temps et les dégustations. Et les Beaujolais n’échappent pas à la règle. Multipliez les occasions d’en ouvrir une bouteille pour un apéritif entre amis, un déjeuner d’affaires, un repas de fête, un dîner en amoureux ou pour un petit plaisir simple du quotidien. Amusez-vous à faire le bon choix pour étonner et ravir vos convives. Il y a forcément un Beaujolais qui se prête à la circonstance, il suffit de le chercher.
Pour vous aider, votre caviste préféré vous donnera de précieux conseils. Mais aussi, si vous alliez chercher les informations à leurs sources ? Organisez donc un séjour dans la région du Beaujolais pour flâner sur la Route des Vins, visiter des caves, déguster (avec modération !) et échanger avec des vignerons pour repartir enfin avec des souvenirs et de bonnes idées.
Et puis poursuivre cette expérience toute l’année. Prenez par exemple 2 ou 3 bouteilles de chaque appellation que vous conserverez dans votre cave. Ensuite, par petites touches, testez l’éveil de vos papilles jusqu’à ce que vous soyez capable de reconnaître un Beaujolais, voire chaque appellation même, les yeux fermés… Enfin, façon de parler car l’œil est le premier sens en éveil lors de la dégustation d’un vin, ne l’oublions pas. Et les vins du Beaujolais nous offrent notamment une belle palette de rouges rubis à ne pas manquer : limpide, intense, profond, teinté de grenat…
Une initiation à la dégustation des vins en général et du Beaujolais en particulier se fait avec le temps. Ils s’offrent à vous progressivement : en toute simplicité et sans complexe avec les Beaujolais de fête, en toute convivialité et en gourmandise avec les Beaujolais de caractère et avec complexité et finesse avec les Beaujolais d’Exception. Tentez l’expérience !