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Les vins de châteaux en Beaujolais

Pas toujours facile de s’y retrouver lorsqu’il faut choisir un vin ? À défaut d’être entouré d’un caviste ou d’un vigneron, reste la solution de se tourner vers le château sur l’étiquette ! À coup sûr, ce vin-là sera royal !

En Beaujolais, fiez-vous à ce bon sens populaire. Car il existe près de 300 châteaux et demeures bourgeoises dans le vignoble du Beaujolais, dont de nombreuses maisons viticoles.

Des vins de prestige

© Jean-Luc Mege Photographie

Et si nous vous emmenions à Versailles pour vous en convaincre ? Versailles en Beaujolais ou plutôt le Château de La Chaize à Odenas, un bel exemple de l’architecture du XVIIe siècle. Cette propriété de près de 330 hectares est parée de jardins à la française signés de l’atelier Le Nôtre. Le Château de La Chaize compte 140 hectares de vignes. Une richesse architecturale donc et viticole avec l’élaboration de belles cuvées de Brouilly, Côte de Brouilly et Fleurie. « Les vins sont élevés dans la plus longue cave du Beaujolais (108 mètres), située dans un bâtiment classé au titre des monuments historiques 

Autres caves d’envergure : celles du Château de Juliénas, une ancienne maison forte des sires de Beaujeu. Elles s’étendent en sous-sol, sous la cour, sur plus de 200 mètres, l’équivalent de deux terrains de football ! On y produit du Juliénas depuis cinq générations.

A Villié-Morgon, Le Château de Bellevue surplombe le village. Cette demeure de caractère du XIXème siècle fût habitée par l’un des enfants des Frères Lumière, ou encore la Princesse Lieven, née Chateaubriand. Avec un vignoble qui s’étend sur 15 hectares en appellation Morgon, La propriété viticole est considérée comme l’un des joyaux du Beaujolais.

Le Château des Bachelards, le Château Thivin, le Château des Moriers, le Château Saint-Vincent ou encore le Château de Fleurie et le Domaine de Briante pour ne citer qu’eux font aussi partie de la longue liste de pépites patrimoniales du vignoble. Il n’y a pas à dire, le vignoble regorge de Châteaux et pour les découvrir tous, il suffit de s’y rendre !

Quand le vin raconte une histoire

Si vous souhaitez suivre la piste des Sires de Beaujeu, rendez-vous au Château de Montmelas à Montmelas-Saint-Sorlin, ancienne garnison de ses seigneurs du Moyen-Âge. Le Château domine d’ailleurs les environs du haut de sa colline. Au XIXe siècle, Viollet-le-Duc l’a relooké à coups de tours crénelées. Il est depuis surnommé le « Château de la Belle au Bois Dormant ». Ses vignes sont classées en Beaujolais Villages et sur les bouteilles vous reconnaitrez le profil du marquis de Montmelas, dont la famille est propriétaire des lieux depuis cinq siècles.

Des vins énigmatiques

Les amateurs d’Histoire(s) voudront sans doute enquêter à Gleizé dans le Château de Vaurenard devant une bouteille Baron de Richemont, en appellation Beaujolais. Car ce seigneur se disait être Louis XVII, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. La demeure date des XVIIe et XVIIIe siècles.

Les châteaux éblouissants des pierres dorées

Prenez un coup de soleil rafraîchissant à Theizé au Château de Rochebonne. Sa façade en pierres dorées du XVIIe siècle se savoure du regard tout en dégustant un Beaujolais Villages.

Bouffée de chaleur réconfortante également à Jarnioux : le Château est un joyau en pierres dorées qui ravira les amoureux de la Renaissance. Certaines parties de la demeure remontent au XIIe siècle, ce qui fait de Jarnioux l’un des châteaux les mieux conservés de la région. C’est le royaume de l’appellation Beaujolais.

Pour une pause détente dans un château du XVème entièrement rénové, rendez-vous au Château de Bagnols, point de départ idéal pour découvrir les Pierres Dorées et ses vins.

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Dans le Beaujolais, les vignes sont héroïques !

Avez-vous déjà remarqué ces vignes qui dévalent les pentes des coteaux du Beaujolais ? Ces paysages exceptionnels confèrent non seulement un charme unique à la région, mais ils ont surtout donné naissance à une  «viticulture héroïque » typiquement beaujolaise. Pourquoi « héroïque » ? Parce qu’il faut une bonne dose de courage pour travailler sur ces pentes. Difficile mais passionnant aux dires des viticulteurs eux-mêmes. Après la lecture de cet article, vous ne verrez plus les vignobles du Beaujolais comme avant…

Cultiver des vignes en pente, quelle idée !


Les paysages du Beaujolais se distinguent par leurs vignes cultivées dans un alignement parfait suivant les courbes des monts et collines. Vous vous demandez certainement pourquoi les vignerons ont eu l’idée de cultiver des vignes en coteaux ? Et bien, tout simplement parce que le relief a un impact sur le développement du raisin et à plus d’un titre !

Tout d’abord, l’ensoleillement est plus présent sur les hauteurs qu’en plaine. Les rayons du soleil ont moins d’obstacles à franchir et peuvent directement atteindre les vignes. Et les vignes adorent les bains de soleil ! Ces petits moments de douceur favorisent un bon équilibre entre le sucre et l’acidité des raisins. Ce qui produit des vins tendres et goûteux à la fois.

Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle les vignerons bravent les inclinaisons parfois extrêmes du Beaujolais. Il faut savoir que le ruissellement de l’eau sur les pentes est particulièrement avantageux pour le raisin. Grâce à elles, l’eau n’a pas le temps de s’infiltrer dans le sol, elle dégringole jusqu’en bas. Elle se contente alors d’hydrater les baies juste ce qu’il faut !

Ce qui est parfait, car trop d’humidité nuit à la vigne. Elle augmente les risques de maladie, rend les traitements contre les nuisibles moins efficaces et empêche les raisins de s’imprégner pleinement des saveurs du terroir. L’héroïsme des ceps les protège donc et leur assure ainsi un développement optimal.

Un travail minutieux nécessaire pour l’épanouissement des vignes héroïques


Les vignerons du Beaujolais sont audacieux, courageux et tenaces. Tous les travaux de la vigne de septembre à août, doivent ainsi se faire manuellement, petit à petit, parcelle par parcelle. En dehors des vendanges, la plupart du temps, le viticulteur s’occupe seul de ces travaux : taille, relevage, ébourgeonnage, désherbage, labour… Il met en œuvre les meilleures conditions pour l’épanouissement de ses raisins sur des pentes récalcitrantes. Héroïques, les viticulteurs le sont aussi !

La mention « Viticulture héroïque »

Les rangs de vignes en coteaux couvrent les monts du Beaujolais à une altitude moyenne de 300 mètres, avec des sommets qui culminent à plus de 600 mètres d’altitude. Le Beaujolais, aux côtés d’autres vignobles de la Région Auvergne Rhône-Alpes comme celui de Côte-Rôtie mais aussi ceux de Banyuls-Collioure, de la Vallée d’Aoste, du Piémont, du Douro et d’autres régions viticoles mondiales, est adhérent au Centre de Recherches d’Études et de Valorisation de la Viticulture de Montagne et en forte pente (CERVIM). Ce type de viticulture est qualifié de viticulture héroïque car l’implication et l’effort de l’homme sont accentués par la difficulté imposée par la montagne. Elle se pratique à des altitudes de plus de 500 mètres ou sur des fortes pentes de plus de 30 % (seuil défini par le CERVIM pour caractériser la viticulture dite « héroïque »). Les enjeux sont multiples : culturels, écologiques et paysagers. Le travail du vigneron est ici exalté. 8 900 parcelles en « pentes extrêmes » (plus de 30 %) représentent près de 3 000 hectares au total. Quincié-en-Beaujolais est le village le plus « pentu » avec plus de 90 hectares supérieurs à 30 % et Chiroubles pour les crus, avec près de 60 hectares.

Maintenant que vous connaissez mieux les conditions de culture des vins du Beaujolais, nul doute que vous aurez une pensée pour ces vignerons de l’extrême  chaque fois que vous trinquerez avec un verre de Beaujolais !

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À la découverte des terroirs du Beaujolais…

Un terroir est la combinaison des éléments naturels d’une zone (le sol, la topographie, la biodiversité, le climat et le paysage) mais aussi du savoir-faire des vignerons et des techniques de production. C’est le terroir qui donne sa typicité au vin. La région du Beaujolais, très diversifiée, regroupe un ensemble variés de terroirs renfermant chacun un secret qui se retrouve dans le caractère de chaque appellation.

Du nord au sud, des sols très variés


Entre 2009 et 2018, à la demande d’Inter Beaujolais, une étude de caractérisation des terroirs a été conduite par SIGALES, un bureau d’étude pédologique. Après plus de 15 000 sondages de sols, près de 1 000 fosses et une cinquantaine de visites commentées, les analyses permettent aujourd’hui d’établir une cartographie du vignoble Beaujolais. Les vignerons et négociants s’approprient cette caractérisation des sols pour les valoriser sous la forme de cuvées parcellaires. Cette géologie remarquable s’est traduite par l’obtention en avril 2018 du label de « Géoparc mondial UNESCO ». Le Beaujolais devient ainsi le 7ème Géoparc sur le territoire français.

Si le Beaujolais viticole n’est pas très étendu géographiquement, il regroupe de façon tout à fait inattendue, une multitude de sols différents ; plus de 300 variantes sont recensées et décrites. Ces sols se forment sur les roches ou matériaux parentaux qui les portent. À ce titre, notre vignoble est tout à fait remarquable, puisqu’il témoigne d’une histoire géologique vieille de plus de 500 millions d’années dont on retrouve facilement toutes les traces. À l’interface de tous les grands événements géologiques de l’histoire, le Beaujolais viticole a hérité d’une des géologies les plus riches et les plus complexes de France. Le vignoble rassemble sur une petite surface une très grande variété de roches !

C’est de là que chaque appellation, voire chaque lieux-dit tire, en premier lieu, sa personnalité, d’autant que le Gamay est le seul cépage utilisé en Beaujolais pour produire tous les vins rouges : crus, Beaujolais-Villages et Beaujolais.

Un climat sous influences


Le Beaujolais profite aussi d’un climat tempéré marqué par 3 influences majeures. En hiver, les courants  continentaux contribuent aux gelées qui s’étirent parfois jusqu’au printemps. A l’intersaison, les mouvements d’air océaniques attisent le rôle régulateur de la Saône et atténuent les écarts de température. Le retour des beaux jours est placé sous la houlette des vents méditerranéens.

La chaîne montagneuse du haut Beaujolais vient alors renforcer la protection des ceps et encourage le foehn, cet air tiède venu de l’ouest, qui réchauffe et assèche en été lorsqu’il franchit les crêtes beaujolaises pour redescendre en plaine.

Exposé à des pluies modestes, le terroir viticole peut connaître de très fortes chaleurs mais aussi des épisodes orageux parfois dévastateurs.

Des coteaux bien exposés


Essentiellement orientés à l’est et au sud, les coteaux beaujolais bénéficient d’un excellent ensoleillement et d’une belle luminosité du printemps à l’automne. Un atout supplémentaire pour la production de beaujolais d’exception.

La passion et le savoir-faire des vignerons beaujolais


La méthode culturale beaujolaise est encore de nos jours fortement marquée par l’intervention personnelle du vigneron. Que ce soit au moment de la taille des ceps, de l’entretien du sol, de la conduite de la vigne ou des vendanges, les viticulteurs beaujolais sont présents dans leurs parcelles. Si la mécanisation apparaît à certains endroits pour faciliter certaines tâches (labour ou vendanges), la nature même des parcelles (taille modestes, sols pierreux, coteau, forte pente parfois…) et les règlementations liées aux 12 appellations réclament une attention constante et la mobilisation d’un savoir-faire qui se transmet de générations en générations.

Les qualités et la variété de ses vins, la région du Beaujolais la doit à la diversité de ses terroirs autant qu’à la passion de ses vignerons et à la connaissance intime qu’ils ont développée de leurs terres. Un savoir-faire de plus en plus pointu et résolument tourné vers la préservation de ce patrimoine naturel unique.

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Les Beaujolais, des vins accessibles

Amateur de bon vin ou amateur tout court, vous souhaitez appréhender l’art de la dégustation ? Les Beaujolais sont les vins qu’il vous faut. Le Gamay s’exprime en 12 appellations en rouges et 2 appellations en rosés. Même chose pour le Chardonnay qui se décline en Beaujolais et Beaujolais-Villages blanc. Voilà une région viticole qui sait se rendre accessible !

Une rasade d’AOC

Le Beaujolais se distingue des autres vignobles de France par la facilité de lecture qui caractérise ses appellations. Pas besoin de retenir des dizaines et dizaines de noms : Le Beaujolais se concentre sur 12 AOC. Un réel plaisir donc pour parfaire ses connaissances des vins du Beaujolais.

Ensuite, il vous faut connaître les cépages et là encore, le Beaujolais possède des caractéristiques singulières. Tous ses vins sont conçus à partir d’un seul cépage : le Gamay noir à jus blanc pour les vins rouges et les rosés et le Chardonnay pour les vins blancs. Très facile à retenir…

Ensuite, on passe au niveau supérieur ! Morgon Côte du Py, Moulin-à-Vent Rochenoire ou encore Fleurie Grille-Midi : Tous ces noms précédés d’une appellation du Beaujolais sont en réalité ce que l’on appelle des lieux-dits. Bien souvent, vous les retrouverez sur les étiquettes des grandes cuvées issues des terroirs les plus reconnus des vignerons du Beaujolais. Cette connaissance accrue des sols du Beaujolais et les vignerons qui subliment les spécificités de chaque terroir permettent la naissance des Beaujolais d’Exception. Des vins complexes, dotés d’une grande aptitude à vieillir que l’on partage volontiers avec de grands amis.

Une gorgée de connaissances

Souvent, sans le savoir vraiment, vous êtes entrés dans le monde des vins du Beaujolais et peut-être des vins tout court, par un Beaujolais Nouveau ? Même si ce sont des vins de fête et de gourmandise, ces primeurs n’en sont pas moins de jolis représentants du nouveau millésime qui sera dégusté à partir du printemps et de joyeux ambassadeurs du caractère du Gamay de l’année. L’introduction idéale à l’esprit Beaujolais !

Pour appréhender les autres vins du Beaujolais, il faut apprendre à capter leurs nuances : entre un Morgon, un Fleurie, un Beaujolais Villages, un Chiroubles ou un Brouilly, des points communs mais aussi des singularités. Car, bien entendu, si le nombre d’appellations reste modeste en Beaujolais, leurs vins offrent une palette de saveurs variées et des caractères marqués ! Il existe même des termes spécifiques pour parler des vins du Beaujolais comme « morgonner » par exemple.

Au fur et à mesure de votre initiation aux vins du Beaujolais, vous apprenez à apprécier les structures de chaque appellation et à capter la force des terroirs de la région. En effet, quelle autre région viticole rend mieux hommage à ses lieux-dits à travers ses vins que le Beaujolais ? Avec un seul cépage pour chaque couleur, le terroir peut s’exprimer pleinement grâce au savoir-faire des hommes.

Une lampée d’entraînement


Une bonne connaissance des vins vient avec le temps et les dégustations. Et les Beaujolais n’échappent pas à la règle. Multipliez les occasions d’en ouvrir une bouteille pour un apéritif entre amis, un déjeuner d’affaires, un repas de fête, un dîner en amoureux ou pour un petit plaisir simple du quotidien. Amusez-vous à faire le bon choix pour étonner et ravir vos convives. Il y a forcément un Beaujolais qui se prête à la circonstance, il suffit de le chercher.

Pour vous aider, votre caviste préféré vous donnera de précieux conseils. Mais aussi, si vous alliez chercher les informations à leurs sources ? Organisez donc un séjour dans la région du Beaujolais pour flâner sur la Route des Vins, visiter des caves, déguster (avec modération !) et échanger avec des vignerons pour repartir enfin avec des souvenirs et de bonnes idées.

Et puis poursuivre cette expérience toute l’année. Prenez par exemple 2 ou 3 bouteilles de chaque appellation que vous conserverez dans votre cave. Ensuite, par petites touches, testez l’éveil de vos papilles jusqu’à ce que vous soyez capable de reconnaître un Beaujolais, voire chaque appellation même, les yeux fermés… Enfin, façon de parler car l’œil est le premier sens en éveil lors de la dégustation d’un vin, ne l’oublions pas. Et les vins du Beaujolais nous offrent notamment une belle palette de rouges rubis à ne pas manquer : limpide, intense, profond, teinté de grenat…

Une initiation à la dégustation des vins en général et du Beaujolais en particulier se fait avec le temps. Ils s’offrent à vous progressivement : en toute simplicité et sans complexe avec les Beaujolais de fête, en toute convivialité et en gourmandise avec les Beaujolais de caractère et avec complexité et finesse avec les Beaujolais d’Exception. Tentez l’expérience !

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Le vignoble du Beaujolais, engagé dans les démarches environnementales

Précurseur, le Beaujolais n’a pas attendu les différents plans gouvernementaux pour raisonner ces pratiques. Dès 1989, les premiers groupes de viticulteurs passionnés se sont réunis pour observer leurs vignes afin de raisonner au mieux la protection de la culture. Des vignerons travaillent de manière collégiale sur une nouvelle vision de l’agriculture : l’agroécologie, visant à obtenir un système de production performant, sur les volets environnementaux, économiques et sociaux, tout en préservant les ressources naturelles. Cela se traduit par le maintien ou la réintroduction de biodiversité sur l’ensemble d’une exploitation, de la limitation des intrants, la préservation de la vie des sols et de la qualité des eaux, et par la restauration d’un ensemble paysager varié.

Haute valeur environnementale

Ce dispositif de certification environnementale est issu du Grenelle de l’environnement. La démarche d’engagement est volontaire et aboutit à la certification de l’exploitation.

Elle permet d’identifier et de valoriser les pratiques respectueuses de l’environnement et porte sur quatre thématiques clés : la biodiversité, l’usage des produits phytosanitaires, la gestion de la fertilisation et des ressources en eau. En 2020, on dénombre plus de 200 exploitations viticoles certifiées HVE (Haute Valeur Environnementale) en Beaujolais, ce qui en fait un des vignobles les plus dynamiques pour cette reconnaissance.

Terra vitis

C’est en terre beaujolaise que l’association Terra Vitis a vu le jour et ce, dès 1998. Elle fédère des vignerons exigeants, motivés par le respect de la nature et des hommes.

Elle rassemble en 2020 une centaine d’adhérents pour le vignoble Beaujolais, de la jeune exploitation aux grands domaines de tradition, autour du choix d’une viticulture saine et durable. La démarche Terra Vitis est une certification de viticulture raisonnée, reconnue à ce jour en France de niveau 2 de la certification environnementale. À compter de 2020, le cahier des charges Terra Vitis intègre également tous les critères du niveau 3 de la certification environnementale (Haute Valeur Environnementale).

Agriculture Biologique

Début 2020, on dénombre plus de 150 exploitations viticoles conduites en Agriculture Biologique ou en cours de conversion dans le Beaujolais. Cette certification européenne valorise les équilibres de l’écosystème afin d’intervenir le moins possible. Elle proscrit l’utilisation de produits chimiques de synthèse.

Demeter

Une dizaine de viticulteurs du Beaujolais ont décidé de s’engager dans des démarches biodynamiques certifiées Demeter.

Cette certification prône l’utilisation des préparations biodynamiques qui vont agir énergétiquement sur l’équilibre de l’écosystème en accord avec les rythmes cosmiques.

Responsabilité Sociétale des Entreprises

La Responsabilité Sociétale des Entreprises est la réponse des entreprises qui s’engagent et agissent pour un développement durable.

Elle est définie par une norme internationale (ISO 26 000) : la responsabilité d’une entreprise vis-à-vis de ses impacts et décisions sur l’environnement et la société se traduisant par un comportement éthique et transparent. La RSE prend en compte la question environnementale mais aussi les aspects sociaux (santé et sécurité des travailleurs, des consommateurs, des riverains…) et économiques (pérennité de l’entreprise, relations aux fournisseurs et clients, lien au territoire). L’entreprise responsable connait ses parties prenantes et agit avec elles pour assurer un développement durable. En Beaujolais, plusieurs entreprises se sont engagées. Certaines, comme le Château de l’Eclair, ont fait reconnaitre leur démarche par un évaluateur externe et indépendant, obtenant ainsi le label Engagé RSE.

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La vinification beaujolaise : un procédé à nul autre pareil

Transformer du raisin en vin, c’est une science autant qu’un art. Le processus est complexe et exige du savoir-faire. Chaque vignoble peaufine donc sa technique et si les procédés se recoupent souvent, il existe cependant bien de nombreuses variantes.


En Beaujolais, les vignerons ont le choix entre plusieurs méthodes de vinification dont la vinification beaujolaise.

Première étape : les vendanges.


Tout commence pendant les vendanges. Les grappes de gamay noir à jus blanc sont récoltées méticuleusement, À la main. Les baies abîmées sont éliminées dès la cueillette.

Pourquoi autant de soins, vu que le raisin va être pressé ?


C’est justement là toute la spécificité beaujolaise : le raisin est encuvé, non tassé, en grappes entières, on ne sépare pas les grains de raisins de la rafle, « la tige » de la grappe. Cette technique permet de donner de beaux arômes fruités au vin.

Deuxième étape : la macération semi-carbonique


C’est là que ça se complique ! Décryptage des différents processus à l’oeuvre.

Dans la cuve, les raisins macèrent. Dans la partie supérieure, les grappes entières évoluent dans une atmosphère où le gaz carbonique remplace progressivement l’oxygène de l’air. La fermentation à l’intérieur des grains de raisins débute. Il s’agit de la fermentation intra-cellulaire. Ce processus enzymatique engendre une petite production d’alcool et laisse émaner des arômes spécifiques.


Les grappes en milieu de cuve macèrent dans le jus produit par l’accumulation du raisin. À leur niveau, tout se joue dans la pellicule des baies. Elle libère alors tous ses éléments : tanins, pigments colorés et composés aromatiques. Les tanins déterminent la future structure en bouche du vin, les pigments, la couleur du vin. C’est donc durant cette étape qu’il se pare de sa robe rouge. Quant au jus de la pulpe, ce sont les levures qui transforment son sucre en alcool.


En fond de cuve, le tassement des grappes libère du jus. Les levures, des champignons microscopiques naturellement présents sur le raisin, se mettent alors en action. Ces microorganismes se réveillent au contact des sucres du jus de raisin et les transforment en alcool et en gaz carbonique. On parle alors de fermentation alcoolique.

« Arroser le chapeau »


Pour accompagner ce processus naturel, et obtenir une température bien homogène, le vigneron arrose régulièrement les grappes en surface, « le chapeau » de raisins. Cet arrosage se fait avec du jus récupéré dans le fond de la cuve. On appelle cela le remontage. Car en trempant le raisin dans son jus, on obtient un vin encore plus fruité. Tout ce que nous venons de décrire c’est la macération semi-carbonique. C’est un terme spécifique au Beaujolais.

Quelles différences avec une macération carbonique « classique » ?


En Beaujolais, la cuve n’est pas fermée hermétiquement une fois remplie. Les vignerons laissent par ailleurs la fermentation s’opérer naturellement, sans ajout de gaz carbonique.

Quelle durée pour la macération ?


La macération va jouer un rôle dans le potentiel de garde du vin. Elle varie de 4 à 15 jours, en moyenne, en fonction des vins que l’on veut obtenir. Pour les dix AOC des crus du Beaujolais, on laisse macérer les grappes pendant environ 10 à 15 jours, pour les Beaujolais et Beaujolais Villages c’est 6 à 10 jours environ. Le processus dure 4 à 6 jours pour les primeurs (Beaujolais Nouveaux et Beaujolais Villages Nouveaux).

Troisième étape : le décuvage


A l’issue de la macération, on procède au soutirage : on libère le jus de tire obtenu au fond de la cuve. Les grappes qui restent dans la cuve sont extraites pour être pressées : c’est le décuvage suivi du pressurage. Presser les grappes, c’est arriver au paradis ! Le jus de presse ainsi obtenu est appelé « paradis », car ce nectar est sucré et très aromatique. Le jus de tire et le jus de presse sont ensuite assemblés pour poursuivre leur fermentation. Leur alliance va enrichir la cuvée et complexifier ses arômes. C’est maintenant que débute l’élevage. C’est durant cette phase que le vin va révéler tout son potentiel

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Ils ont marqué l’Histoire du Beaujolais

Les Romains déjà cultivaient la vigne en Beaujolais. On dit d’ailleurs que Jules César aurait donné son nom au cru Juliénas.
Mais c’est au Moyen Âge que le vignoble commence à se faire un nom. Une histoire qui a croisé la route de nombreux personnages.

Les sires de Beaujeu ou l’avènement du Beaujolais


C’est d’abord sous l’impulsion des sires de Beaujeu qui imposent leur marque sur la région que le vignoble beaujolais prend de l’essor. L’un d’entre eux, Bérard, se fera d’ailleurs connaître dès 957 grâce à ses transactions viticoles. Ils donnent leur nom au territoire et contribuent à son aura. Beaujeu est la capitale du Beaujolais jusqu’au XVIe siècle, date à laquelle elle est détrônée par Villefranche-sur-Saône moins excentrée.

La production de vin reste marginale à l’époque. Il faudra attendre le XVIIe siècle pour qu’il prenne véritablement son essor.

Pulliat et Vermorel : les sauveurs de la vigne


Au XIXe siècle, Victor Pulliat contribue à la renaissance du vignoble français décimé par le phylloxéra. C’est à Chiroubles qu’il étudie différentes solutions pour éradiquer l’insecte. Ses recherches l’emmèneront partout en Europe pour procéder à des essais de greffes. Il permet de sauver la vigne en prônant la mise en place de porte-greffes américains. Aujourd’hui sa mémoire est toujours honorée. Le concours Victor Pulliat désigne les meilleures cuvées du millésime, dans chacun des 10 crus du Beaujolais. Le nom de Victor Vermorel est lui associé à la lutte contre le mildiou. A la fin du XIXe siècle, il procède à des expériences dans l’atelier familial de Villefranche-sur-Saône. Il met notamment au point un pulvérisateur de bouillie bordelaise pour éliminer ces maladies de la vigne.

MADEMOISELLE MARGUERITE CHABERT

Elle s’immergea très tôt dans la culture vigneronne en conduisant son père, élu président de la cave coopérative de Fleurie en 1932, aux différentes réunions auxquelles il se rendait. C’est tout naturellement qu’elle lui promit de prendre en main les destinées de la cave à sa mort. Elle lui succéda en 1946. Très compétente, Marguerite travailla pendant près de 40 ans sans jamais faillir, au développement de la structure dont elle assumait la responsabilité.
Première et seule femme présidente de cave coopérative en France, sa forte personnalité lui permettait d’imposer ses idées dans un milieu essentiellement masculin. En 1975, elle reçut la médaille de la Légion d’Honneur, témoignant de la reconnaissance de la patrie beaujolaise.

Les pères du Beaujolais Nouveau


Au XXe siècle, l’énergie des acteurs du Beaujolais comme Louis Bréchard, viticulteur engagé et député, Léon Foillard, négociant en vin et père fondateur des Compagnons du Beaujolais ou Gérard Canard, ancien directeur de l’Union Interprofessionnelle des vins du Beaujolais, a participé à mettre en exergue le Beaujolais Nouveau.


Mais le pape incontesté de cette grand-messe bachique est sans conteste Georges Duboeuf.

Jules Chauvet

Jules Chauvet était un négociant-éleveur de vin, installé à La Chapelle-de-Guinchay. Outre ses qualités de vigneron et de dégustateur, il possédait des compétences de chimiste. Il travailla notamment sur les levures, la fermentation malolactique et la macération carbonique. Pédagogue, spirituel et animé d’une grande force de conviction, il est considéré aujourd’hui comme le père du mouvement des vins naturels. Il laisse une œuvre scientifique sur la chimie du vin et la dégustation uniques au monde.

Georges Duboeuf et le Beaujolais planétaire

Parfois surnommé le “pape” ou le “roi” du Beaujolais. Georges Duboeuf, issu d’une longue lignée de vignerons, s’installa en 1964 à Romanèche-Thorins pour fonder son négoce de vin du Beaujolais et du Maconnais. Fin dégustateur, il avait à cœur de révéler le talent des vignerons et sublimer les grands terroirs. Inlassable ambassadeur de la région, il parcourut le monde entier pour mettre en avant ses vins aux cotés de chefs de renom parmi lesquels Paul Bocuse, Pierre Troisgros ou encore Guy Savoy. Il contribua grandement à la renommée du Beaujolais Nouveau en organisant des événements internationaux d’envergures. Précurseur en matière de communication, il fonda en 1993 le Hameau Duboeuf, véritable musée dédié à la vigne et au vin.

Bernard Pivot, l’enfant du pays


Parlons enfin d’un enfant du pays, amateur de Beaujolais et défenseur ardent du vignoble. Bernard Pivot, écrivain, homme de lettres et de télévision, auteur du Dictionnaire amoureux du Vin et membre de l’Académie Goncourt est le cofondateur du Comité de défense du Beaujolais.


Il aime à dire que le Beaujolais est « un vin qui est associé à la jeunesse, l’énergie, à la fraîcheur et lié aussi aux jardins, aux jardins de curé ou d’ouvrier où il y a un peu de fruits rouges ».

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2 000 ans d’Histoire à savourer

C’est au XXe siècle avec les Beaujolais Nouveaux qu’il a acquis une renommée mondiale, pourtant le Beaujolais est un vignoble ancien, à l’histoire plurimillénaire.

Le Beaujolais depuis l’Antiquité !

Ses vignes remontent à l’Antiquité ! On en trouve trace dès le premier siècle avant Jésus Christ, à l’époque des Romains.
Le cru Juliénas tirerait d’ailleurs directement son nom d’un certain Jules César.

…pendant le Moyen Âge

Dès le Haut Moyen Âge, les sires de Beaujeu imposent leur marque sur la région. L’un d’entre eux, Bérard, se fera d’ailleurs connaître dès 957 grâce à ses transactions viticoles. Ils donnent leur nom au territoire et contribuent à son aura.
Beaujeu est la capitale du Beaujolais jusqu’au début du XVIe siècle, période à laquelle elle est détrônée par Villefranche-sur-Saône.


…Après le XVIIème siècle


À partir du XVIIe siècle, la vigne beaujolaise attire la bourgeoisie de Lyon. Les notables jouissent alors d’un droit de vente sans taxe et vantent à Paris les mérites de ce vin.

De nouvelles voies de communication, comme le canal de Briare, creusé entre la Loire et la Seine, placent le Beaujolais sur une importante route commerciale entre le sud de la France et Paris. Ainsi, les marchandises arrivant au port de Belleville par la Saône sont acheminées vers la Loire à travers le Beaujolais. Les vins du Beaujolais en profitent pour être acheminés jusqu’à Paris. Le vignoble connait alors son essor.


Parallèlement, le Beaujolais devient le vin des Canuts, le vin des ouvriers de la soie. Des privilèges commerciaux sont négociés avec Paris et Lyon selon une répartition nord-sud : les vignerons du nord commercent avec la capitale, ceux du sud avec leur voisine lyonnaise.
Le Beaujolais devient le premier fournisseur des tavernes lyonnaises et des fameux Bouchons qui le servent en pot.


Plus près de nous au XIXème et XXème siècles

Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer va accélérer son expansion.
Cependant, à partir de 1875, le vignoble français se réduit à la portion congrue, décimé par le phylloxéra. Il ressuscitera, notamment, grâce aux recherches de Victor Pulliat, une des figures du Beaujolais, qui introduit des porte-greffes américains, plus résistants au puceron ravageur originaire des États-Unis.


Au XXe siècle, le Beaujolais acquiert ses lettres de noblesse avec la naissance des AOC (à partir de 1936 et jusqu’en 1988) et de ses premières caves coopératives.


La deuxième moitié du XXe siècle sacre l’avènement des Beaujolais Nouveaux. En 1985, un décret entérine sa date de mise sur le marché le 3ème jeudi de Novembre.


Et l’histoire n’est pas finie. A vous de l’écrire en dégustant les vins du Beaujolais !

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Le Beaujolais attire les foudres dans ses caves

Les foudres du Beaujolais… Voilà un concept inquiétant à priori, n’est-ce pas ? Mais rassurez-vous, il ne s’agit ni d’orages, ni d’éclairs, ni même d’une colère divine ! Le foudre, c’est tout simplement le contenant privilégié par les vignerons du Beaujolais pour élever majoritairement leurs vins de garde.

Un foudre ? Késako ?

Pour commencer, ce terme « foudre » est masculin quand il est utilisé dans un contexte viticole. Il désigne une grande cuve en bois qui peut accueillir jusqu’à 300 hectolitres de vin. Imaginez un fût ou un tonneau géant et vous visualiserez très bien ce qu’est un foudre !

Si la plupart des autres vins français utilisent plutôt des barriques ou des fûts, à la contenance plus réduite, les vins du Beaujolais s’épanouissent beaucoup mieux dans les foudres. Ils y ont davantage
de place pour respirer et vivre. Oui, parce que le vin vit durant sa maturation ! Il ne cesse d’évoluer et de s’ajuster jusqu’à trouver l’harmonie qui lui convient.

Qu’apporte l’élevage en foudre aux vins du Beaujolais ?

Pourquoi les vignerons du Beaujolais privilégient-ils le foudre aux barriques et autres cuves ? Simplement parce que le contenant a une incidence sur le contenu. Un vin qui vieillit dans un fût en bois aura tendance à s’imprégner davantage de ses arômes et à développer quelques notes de vanille, de toasté et de grillé.

Dans le Beaujolais, les viticulteurs tiennent à ce que leurs cuvées développent des goûts marqués de raisins et de fruits rouges. Ils préfèrent alors élever leurs vins en foudre afin d’atténuer les arômes boisés qui pourraient s’y annexer. En effet, la contenance d’un foudre étant beaucoup plus grande que celle d’une barrique, les saveurs boisées se diluent davantage dans le vin. Moins concentrées, elles laissent donc toute leur place à la vraie star : le raisin.

Et puis le foudre du Beaujolais étant une barrique plus large, l’oxygénation y est plus grande. Or, c’est cette oxygénation qui permet aux saveurs de se développer. D’ailleurs, vous savez probablement qu’il est recommandé d’aérer un vin rouge au moins 20 minutes avant de le servir. Mais vous êtes-vous déjà demandé pourquoi ? En fait, lorsque vous débouchez une bouteille et que l’air entre dedans, cela réveille le vin. Toutes les molécules se mettent en mouvement et favorisent alors son épanouissement. Faites le test la prochaine fois que vous servirez un Beaujolais. Goûtez-le dès l’ouverture, puis 20 minutes après. Vous décèlerez beaucoup plus de saveurs la seconde fois !

C’est le même phénomène qui se produit dans les foudres du Beaujolais et qui permet aux vins de ce vignoble d’exprimer pleinement leurs terroirs.

Le bois du foudre est-il important ?

Même si une infime partie du vin est en contact avec le bois du foudre, on ne peut pas nier que la cuvée va en garder une trace. Pour que les vins du Beaujolais se dotent de l’intensité qui leur est propre, ils sont généralement stockés dans des foudres en chênes français. Ce choix n’est absolument pas dû au hasard !

Il existe différents types de bois et des provenances diverses. Mais si le chêne français est retenu, c’est pour sa finesse. Contrairement au chêne américain par exemple, le chêne français imprègne moins le vin. Cette discrétion aromatique permet de laisser pleinement s’exprimer le raisin et le terroir sur lequel il a poussé.

Selon qu’ils élèvent des vins rouges, blancs ou rosés ; selon qu’ils veulent arrondir et complexifier leurs vins ou au contraire en conserver la typicité, les vignerons du beaujolais font le choix de leurs contenants : traditionnels en bois (fût, demi-muid, foudre) ou cuve. Le foudre reste régulièrement privilégié car il respecte pleinement la maturation du gamay et l’aide à développer ce fruité si typique des Beaujolais.